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Humeur

Jeudi 2 février 2006
"Tout Norvégien, Danois ou Français présents sur notre terre est une cible", avertissent jeudi deux groupes armés palestiniens en signe de protestation contre la publication des caricatures du prophète Mahomet dans la presse européenne. Des hommes armés ont également déclaré le siège de l'Union européenne dans la bande de Gaza et réclament la mise en place d'un boycottage des produits français, danois et norvégiens et adressent une mise en garde à tous les commerçants qui vendent des produits de ces trois pays.
Il s’agit des réactions exceptionnelles après la publication des caricatures de Mahomet publiées initialement dans un quotidien danois et reprises dans plusieurs journaux européens.
Dans les démocraties laïques, le seul principe qui compte est celui de la liberté d'expression dans le respect du droit. Pour la France, il suffit de se référer à l’article 1er de la Constitution de la 5ème République : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances." Les commandements et interdits religieux ne sauraient dès lors se situer au-dessus des lois républicaines. Les religions sont des systèmes de pensée et des croyances parfaitement respectables mais qui peuvent être librement analysées, critiquées, voire caricaturées, en évitant évidemment toute forme d’amalgame stupide.
La laïcité républicaine, c’est la liberté, qui suppose neutralité religieuse et tolérance. Bien sur, il est nécessaire de distinguer les religions des personnes qui les pratiquent. Celles-ci doivent être protégées contre toute discrimination fondée sur leur appartenance religieuse. Comme pour le racisme, l'antisémitisme, le sexisme et l'homophobie, la liberté d'expression trouve alors ici ses limites, dans la loi républicaine, et seulement dans la loi républicaine. L’atteinte à la liberté d’expression, c’est l’atteinte à la démocratie.
Par Sébastien DARTOIS
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Mercredi 15 février 2006
Alvaro Gil-Robles, Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe Le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Alvaro Gil-Robles, présentera aujourd’hui son rapport sur le respect effectif des droits de l'Homme en France au Comité des Ministres. Le rapport sera également transmis à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe et rendu public. Les 110 pages du rapport font suite à la visite officielle de deux semaines du Commissaire en France en septembre dernier, au cours de laquelle il a visité des sites à travers le pays et notamment des centres d’accueil et de rétention pour étrangers, des commissariats de police, des maisons d’arrêt et prisons, un hôpital psychiatrique ainsi que des centres pour victimes de violences domestiques. Durant sa visite, le Commissaire s’est rendu à Marseille, Avignon, Bastia, Strasbourg, les Hautes-Pyrénées et la Normandie et a rencontré des représentants de la justice, de la police, de la société civile et des élus locaux, en plus des réunions tenues avec les autorités ministérielles à Paris. Le rapport identifie un certain nombre de problèmes concernant l’administration de la justice, les conditions de détention, le traitement des étrangers arrivant sur le territoire, l’asile et les procédures d’expulsion, la discrimination et la xénophobie, les violences domestiques et la traite des êtres humains. Le rapport se conclut par des recommandations aux différentes autorités françaises. Pascal Clément, Ministre français de la Justice a immédiatement réagi.
La France, incontesté et incontestable pays des Droits de l’Hommes…
 
Par Sébastien DARTOIS
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Samedi 18 février 2006
La Cour de cassation italienne, la plus haute institution judiciaire du pays composée de 5 magistrats, a rendu un arrêt accordant des circonstances atténuantes à un homme coupable d'avoir violé une adolescente car sa victime avait déjà eu des expériences sexuelles.
La Cour avait été saisi par l'auteur du viol, qui avait été condamné en novembre 2001 à une peine de 3 ans et 4 mois de réclusion pour avoir forcé, sous la menace de violences, la fille de sa compagne, âgée de 14 ans, à un rapport oral. En 2003, il avait demandé une réduction de peine, qui lui avait été refusée par la cour d'appel au motif que "le caractère non-naturel du rapport sexuel" allait empêcher "le développement harmonieux de la vie sexuelle de la victime". Le violeur a attaqué cette décision au motif que la jeune fille avait déjà eu des rapports sexuels avec d'autres hommes avant le viol. Les juges de la Cour suprême lui ont donné raison, estimant que "les dommages causés par la violence sexuelle sont moins graves si la victime a déjà eu des rapports sexuels avec d'autres hommes avant sa rencontre avec le violeur", et que le violeur pouvait donc bénéficier d'une circonstance atténuante.
Cette décision a déclenché, à juste titre, de vives réactions. Il est en effet inconcevable qu'il puisse y avoir une distinction pour un délit aussi grave qui bouleverse la vie d'une femme que la victime soit encore vierge ou non.
Violer une jeune fille de 14 ans, qui est encore une enfant, qui plus est, par le recours à la violence, c’est un acte de pédophilie. Et ça, c’est bel et bien une circonstance aggravante.
Par Sébastien DARTOIS
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Mercredi 15 mars 2006
Logo de la Faculté de Droit de Nancy Je découvre ce matin un article dans la presse régionale quotidienne. Je suis médusé, épaté, par cette démagogique pensée unique. Nous apprenons que le mouvement anti-CPE a gagné du terrain, hier, dans les différents campus nancéiens : à la Faculté des Sciences, à l'IUT Charlemagne, chez les élèves Architectes et à l'IRTS… Jusque là rien que des faits incontestables, mais combien sont réellement les étudiants grévistes ? Ensuite, commence une véritable diatribe, pleine d’objectivité évidemment, et nous découvrons quelques moments d’anthologies journalistiques, apolitiques bien sur… Isolons quelques extraits…
 « …Mais ce consensus anti-CPE quasi général n'existe pas sur le campus droit, sciences économiques, AES (administration économique et social) ». Oui, et alors ? Que faut–il comprendre de ces quelques mots ? Que les étudiants en droit, en sciences économiques, et en administration économique et sociale ne comprennent rien ? N’est ce pas leur droit légitime d’avoir cet avis ? Une nouvelle fois, cette phrase perpétue la caricature stérile de l’étudiant en droit facho et coincé par rapport à l’étudiant en lettres néotroskiste bobo et cool alors que tous ces jeunes sont confrontés aux mêmes difficultés, que tous ces jeunes sont dans la même galère… Continuons la lecture…
« Injures raciales, insultes misogynes, noms d'oiseaux, intimidations, hurlements, sifflets, huées, agressions verbales, menaces d'agressions physiques, l'assemblée générale de 12 h 30, dans le grand amphi de la fac de droit, s'est déroulée dans une ambiance exécrable. Les échanges furent pitoyables. Toute notion de respect de la parole d'autrui semblait avoir disparu... ». Ça c’est une découverte qui révolutionne la science politique et l’étude du droit de grève. Il est bien connu et répandu, à travers les innombrables exemples français, que les grévistes et les non grévistes s’opposent dans une courtoisie toujours polie. Que faut il attendre de jeunes gens qui participent sans doute pour la première fois d’entre eux à un mouvement de contestation ? Quels sont ceux qui monopolisent depuis plusieurs jours la parole et veulent imposer une prise d’otage par l’occupation des salles de cours ? Quels sont ceux qui bouclent des amphithéâtres et empêchent des étudiants, respectueux du mouvement de grève, de pouvoir assister normalement à leurs cours? Ces étudiants la n’ont pas le droit eux aussi de manifester leur mécontentement?... Poursuivons…
« … quelques dizaines de jeunes gens débordant de haine pour les étudiants étrangers à leur campus haranguaient la foule des indécis, des timides, des silencieux… ». Faut-il comprendre, en revanche, qu’il n’y a parmi les étudiants de la Faculté des Lettres présents aux dernières assemblées générales organisées par l’UNEF, aucun étudiant timide, aucun silencieux, aucun indécis, aucun susceptible de suivre le mouvement sans broncher. Nous ne pouvons dénombrer que des convaincus ? Bref, il faut comprendre assez facilement que les étudiants du campus Carnot sont des moutons… Des votes à main levée dans un amphithéâtre bondé, sous le regard surveillant de tel ou tel leader et des autres, ce sont ça les conditions démocratiques permettant de donner un avis en toute sérénité ? Je ne suis guère convaincu… Maintenant l’époustouflante suite…
« Étudiants dépourvus de culture politique mais fortement attachés à leurs sphères d'études… ». Je crois que cette phrase est la plus extraordinaire de l’article, je la retape pour que chacun en mesure le sens, « Étudiants dépourvus de culture politique mais fortement attachés à leurs sphères d'études… »…Oui, nous découvrons, ici, ensemble, dans un moment incroyable d’intelligence rare, que des étudiants sont attachés à leurs études. Je répète une nouvelle fois : des étudiants sont attachés à leurs études. Faut-il ajouter quelque chose ? Quant à la culture politique, si elle ne se limite qu’au seul fait de manifester, et bien alors oui, ces pauvres petits juristes en manquent cruellement… Parler de culture politique, oui, mais où est le débat, où sont les propositions pour l’emploi des jeunes chez les manifestants ? Personnellement, je les cherche encore…
Stoppons enfin cette pensée unique. Sortons enfin du mythique rêve du grand soir « soixante-huitard », étape obligée pour permettre aux étudiants d’atteindre une soit-disant maturité politique… La démocratie dont les manifestants se gargarisent c'est bien sur d’exercer son droit de grève mais c’est aussi de pouvoir assister à des cours normalement et librement... Ce qui reste finalement l’une des meilleures solutions pour plus tard trouver un emploi, que l’on soit pour ou contre le CPE…
Que le camp « anti » ou le camp « pro » tombe dans la caricature, c’est habituel. Mais, au moins, que ceux qui en transmettent le récit évitent de faire de même…
Par Sébastien DARTOIS
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Lundi 20 mars 2006
Au moment ou l’opposition au Contrat Première Embauche cristallise tous les mécontentements, nous ne devons pas nous tromper dans l’analyse de ce mouvement et comprendre les messages envoyés par la jeunesse de notre pays.
Combien sont ceux parmi les lycéens et les étudiants manifestants qui connaissent les chiffres consternants de la réalité du chômage des jeunes ? Combien sont ceux qui ont concrètement une idée des difficultés rencontrées pour rentrer dans le monde du travail ? Combien sont ceux qui connaissent réellement le dispositif du CPE, ses obligations et les droits nouveaux qu’il génère ? Il est vrai de dire qu’il ne s’agit que d’une minorité. Le CPE ne s’adresse pas immédiatement à eux mais aux jeunes chômeurs d’aujourd’hui. Ce contrat s’adresse à ceux qui ont le plus de difficultés pour rentrer sur le marché du travail, à ceux qui enchaînent les CDD, les stages et les périodes d’intérim, et qui sont en marge de l’emploi parfois pendant plus de 10 ans, à ceux surtout, à qui rien n’est proposé et qui, déjà ayant quitté les bancs de l’école ou de l’université, sont confrontés à cette désastreuse réalité. Le chômage des jeunes est de 23 %, 40 % chez les non qualifiés, de 40 à 50 % dans les banlieues…. Ces jeunes la ne manifestent pas, trop occupés qu’ils sont à trouver un emploi pour enfin vivre pleinement.
Alors que fait-on face à cette précarité, qui existe déjà ? Attendons-nous un éclair miraculeux tombant du ciel ou tentons-nous de traiter enfin le problème ? Le gouvernement a donc proposé le CPE. Bien sur ce contrat n’est pas la panacée. Bien sur ce contrat n’est pas une réponse magique au problème du chômage des jeunes. C’est un outil juridique parmi d’autres qu’il faut probablement modifier (justification de la rupture, réduction à 1 an de la période de consolidation…). Il faut surtout continuer à réfléchir à l’élaboration de solutions nouvelles dans un cadre plus large à travers l’adaptation nécessaire de notre système de formation notamment. Mais, que chacun accepte de laisser ce contrat produire ses effets, négatifs ou positifs. Qui peut prédire l’avenir ? La gauche et les syndicalistes « Madame Soleil » ? Ne pouvons-nous pas permettre des tentatives de solutions nouvelles dans ce pays alors que les vieilles recettes, de gauche ou de droite, ont démontré leur inefficacité. Est-ce trop demandé ? Arrêtons enfin de croire au mythe éternel du patron salaud et du salarié vertueux, cette vision manichéenne entretient des conflits inutiles alors que l’un et l’autre ont des intérêts étroitement liés. Tentons, malgré les difficultés, de nous adapter à la réalité du monde économique qui nous dépassera encore plus si nous ne réagissons pas très vite. L’emploi à vie de grand-papa et de papa n’existe plus, chacun peut en penser ce qu’il en veut mais c’est ainsi. Il est normal que ce bouleversement génère inquiétudes et angoisses mais face au cruel fléau du chômage des jeunes, c’est de la responsabilité de tous d’essayer de tout tenter.
Mais, ne nous trompons pas, tous ces jeunes qui manifestent ne le font pas uniquement, contrairement à ce qui est trop souvent véhiculé, pour sécher les cours ou pour suivre bêtement le mouvement. Ils sont dans la rue car ils ont peur pour leur avenir. Ils sont dans la rue car ils ont peur de la vie d’adulte qui les attend et que la génération qui les précède leur a si mal préparée à cause de la défense irresponsable et perpétuelle de ses propres acquis. Une vie pour laquelle cette génération prédit l’impossible : impossible de trouver un emploi, impossible progression sociale, impossible d’acheter un appartement, impossible de financer sa retraite,… C’est cette réalité qui se cache derrière les banderoles et il ne faut ni caricaturer ni minimiser ce mouvement. Cependant, aujourd’hui, la manifestation de ces peurs sert malheureusement davantage à réunifier une gauche éclatée et sans projet, à travers l’instrumentalisation d’espèces de syndicalistes lycéens et étudiants qui ne le sont plus depuis longtemps pour certains et dont ce n’est pas le rôle de faire les opposants au gouvernement, plutôt que d’engager le début du commencement d’une moindre réflexion. La stigmatisation disproportionnée dans laquelle la France est rentrée à l’égard du CPE, dessert un projet qui pourrait peut être produire des effets bénéfiques, mais c’est surtout l’arbre qui cache la forêt. L’opposition à ce contrat est révélatrice d’un malaise plus profond qui couve. Un malaise qui n’a pas cessé de se développer malgré l’envoi de messages d’alertes répétés qu’aucun gouvernement et qu’aucun parti politique n’a entendu, pour lesquels aucune réflexion n’est engagée. Ce malaise ne concerne pas uniquement les jeunes des quartiers sensibles, qui ont su faire parler d’eux à la fin de l’année dernière. Ce malaise concerne aussi les jeunes en milieu rural qui subissent l’isolement intellectuel et social, qui ne voient pas de perspectives là où ils sont. Ce malaise concerne aussi ceux qui en apparence ne donnent pas l’image du tourment. Ce malaise concerne la jeunesse dans son ensemble, des lycéens aux jeunes actifs, des urbains et des ruraux, des non diplômés et des diplômés…
Pourtant, cette jeunesse c’est l’avenir de nous tous, c’est la richesse de notre pays, son dynamisme, son énergie. Alors, il faut vite réagir, surtout à l’approche du rendez-vous présidentiel de 2007. Organisons, les assises nationales de la jeunesse, voire des assises européennes. Créons enfin un véritable ministère de la jeunesse dans ce pays, plutôt que de cantonner depuis tant d’années les jeunes à la tutelle presque outrageante des sports, qui conjuguerait l’ensemble des problématiques éducatives, professionnelles et sociales. Surtout, engageons enfin un véritable débat…
Dans un temps ou le terme déclin est sur toutes les lèvres, souhaitons que les décideurs se préoccupent de ceux qui pourront faire de la France et de l’Europe de demain un territoire prospère… Bien sur, cette jeunesse ne doit pas tout attendre. Elle doit être responsable et actrice de son destin. Les seules manifestations n’y changeront rien, sauf peut être de poser les bonnes questions, celles qui vont bien au delà du CPE…
Par Sébastien DARTOIS
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Mercredi 22 mars 2006
Alors que les opposants au CPE demandent le retrait immédiat de la loi sur l’égalité des chances, qui crée ce contrat, il est nécessaire d’éliminer quelques fausses vérités véhiculées pour rétablir le droit qui s’impose à tous.
Il se dit ici ou là que le CPE n’aurait pas été adopté démocratiquement. Faux, la loi sur l’égalité des chances a été votée dans le strict respect de la procédure législative prévue par la Constitution de la 5ème République. Aussi, le recours, par le Premier ministre à l’article 49-3 de la Constitution, utilisé à cause du blocage mis en œuvre par l’opposition, est-il intervenu après que l’article du projet de loi instaurant le CPE ait été voté par les députés, après 5 séances, près de 20 heures de discussion (l'équivalent d'un texte de loi habituel) et 180 sous-amendements défendus. La procédure parlementaire a ensuite suivi son cours (vote des sénateurs) et la loi a été définitivement adoptée, après la réunion d’une commission mixte paritaire (nouveau vote des députés et des sénateurs) le 9 mars 2006. Enfin, 60 députés et 60 sénateurs socialistes, conformément à l’article 61 alinéa 2 de la Constitution, ont alors déposé un recours, le 14 mars 2006, devant le Conseil constitutionnel.
Désormais, c’est à cet organe juridictionnel indépendant, dont les décisions ne sont susceptibles d’aucun recours de trancher et de dire le droit. Lorsque le Conseil déclare la loi conforme à la Constitution, celle-ci peut être promulguée par le Président de la République. A l'inverse, une décision déclarant la totalité d'une loi contraire à la Constitution fait obstacle à sa promulgation. La procédure législative qui a conduit à l'adoption d'une telle loi se trouve anéantie et il n'y a d'autre solution que de la reprendre dès l'origine. Le Conseil constitutionnel peut également décider qu'une loi est en partie conforme à la Constitution. Dans une telle hypothèse, la loi peut être promulguée à l'exception de ses articles ou parties d'articles déclarés contraires à la Constitution. Ensuite, conformément à l’article 10 de la Constitution, dans le délai de 10 jours, le Président de la République peut demander une nouvelle délibération de la loi notamment pour remédier à une déclaration d'inconstitutionnalité et le délai de promulgation est suspendu. Il sera ainsi demandé au Parlement de reprendre, en tout ou partie, l'examen du texte qu'il vient d'adopter suivant les règles de la procédure législative ordinaire.
Enfin, éclairons ceux qui demandent le retrait immédiat du CPE et qui en oublie, par étourderie je suppose, la vérité du droit. Le CPE est inscrit dans la loi. Pour qu’une loi soit retirée, il faut voter une nouvelle loi abrogeant la loi initialement adoptée. Cette nouvelle loi d’abrogation est votée dans le cadre de la procédure législative ordinaire. Ainsi, quand bien même le gouvernement céderait à la demande de la rue, le CPE ne pourrait être retiré qu’après un nouveau débat parlementaire et le vote des députés et des sénateurs, ce qui peut naturellement durer des semaines…
Pour le retrait sur le champ, il semblerait bien qu’il y ait un petit problème de calendrier !
Par Sébastien DARTOIS
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Samedi 25 mars 2006
Alors que le patron des patrons européens, Ernest-Antoine Seillière, choisissait de s'exprimer en anglais, car c’est la langue des affaires, Jacques Chirac a quitté la salle du Conseil européen de Bruxelles pour marquer sa désapprobation, emmenant avec lui ses deux ministres Thierry Breton (Économie et Finances) et Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères). La délégation française n’est revenue qu’après l'intervention de l’ancien président du Medef. Cet événement n’est pas sans rappeler, toute proportion symbolique gardée, le départ de Jacques Chirac de la tribune officielle du stade de France après que la Marseillaise eut été sifflée.
Faut-il rappeler à M. Seillère, français de naissance, qu’un Conseil européen ce n’est pas le sommet Davos, rendez-vous annuel du gotha économique de la planète, et que la « langue des affaires » n’est pas encore une des langues officielles de l’Union européenne, alors que l’anglais oui, et le français aussi…
Par Sébastien DARTOIS
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Mardi 28 mars 2006
Après plusieurs jours de mobilisation internationale en faveur de sa libération, Abdul Rahman, qui encourait la peine de mort pour avoir renié l’islam et embrassé le christianisme, a été remis en liberté la nuit dernière. L’intéressé était incarcéré à Kaboul depuis un mois pour apostasie (abandon public d’une religion), après s’être converti il y a 16 ans au christianisme alors qu'il travaillait pour une ONG chrétienne. Un acte passible de la peine de mort selon la loi islamique (charia) alors que la liberté de culte est inscrite dans la constitution de l’Afghanistan. Comme quoi la laïcité, ça a du bon…
Toutefois, le procureur général a ajouté qu’il demandait sa libération en raison d’un état de santé mentale qui l’empêche d’être traduit en justice… Une pas très jolie fin de crise en somme, mais bon il est libre… Heureusement, qu’il n’a pas été « caricaturé », il y a suffisamment de monde dans les rues en ce moment…
Par Sébastien DARTOIS
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Vendredi 31 mars 2006
Faculté de Droit de Nancy, 13 place Carnot Mais que vient faire là Jean-Yves Le Déaut ? Le député socialiste de Pont-à-Mousson, 6ème circonscription de Meurthe-et-Moselle, a adressé une lettre au Procureur de la République de Nancy dans laquelle il lui demande de diligenter rapidement une enquête en vue de vérifier la réalité des propos racistes et misogynes qui auraient été tenus au cours de l'assemblée générale des étudiants du 14 mars dernier à la Faculté de Droit de Nancy. Rappelons que le Doyen de la Faculté de Droit, représentant de l’institution, a fermement et publiquement condamné ces propos tout en proposant de saisir le Ministère public.
Le Député a sans doute oublié que la Faculté de Droit n'est plus à Pont-à-Mousson depuis longtemps. Etablie dans la ville en 1582 à la suite de la Bulle du pape Grégoire XIII du 9 décembre 1572 (créant les collèges de médecine, théologie, arts et droit), elle a été transférée à Nancy le 3 août 1768… Surtout, a-t-il oublié le principe de séparation des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire, cours de droit constitutionnel de 1ère année ? C’est là qu’on se rend compte que finalement le Député n’est pas un familier des amphis du 13 place Carnot…
Par Sébastien DARTOIS
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Samedi 1 avril 2006
Les Députés et les Sénateurs ont voté la loi pour l’égalité des chances dans le strict respect de la procédure législative constitutionnelle. Le Conseil constitutionnel a jugé en tout point de la conformité à nos principes juridiques fondamentaux, notamment à nos droits sociaux supérieurs issus du Préambule de la Constitution de 1946, de ce texte, dont son article 8 instituant le contrat première embauche. Considérant que l’article 5 de la Constitution dispose que le Président de la République veille au respect de la Constitution. Considérant que son article 10 dispose que le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée. Conformément à ses obligations constitutionnelles, le Président de la République a, dès lors, annoncé dans son allocution la promulgation de la loi. La Démocratie, que les anti-CPE nous vendent à toutes les sauces, c’est aussi le respect de notre droit et des valeurs de notre République.
Par ailleurs, le Président de la République demande immédiatement deux modifications de la loi pour que la période de consolidation de deux ans soit réduite à un an et qu’en cas de rupture du contrat le jeune salarié puisse en connaître les raisons. Il demande aussi que l’application de la loi soit repoussée tant que ces aménagements juridiques ne seront pas entrés en vigueur. Ces propositions répondent en partie aux revendications de ces derniers jours. Il s’agit d’une décision de compromis qui doit contribuer à relancer le dialogue. Sans tarder, le gouvernement, les partis politiques, les syndicats de salariés et patronaux, de lycéens et d’étudiants, doivent reprendre un dialogue responsable et constructif avec le seul et unique objectif de lutter contre le chômage des jeunes sans aucune volonté démagogique ou électoraliste.
Aussi, le Président de la République demande t-il l’ouverture d’un grand débat sur les universités et l’insertion professionnelle. Voilà enfin une véritable question pour l’avenir des jeunes. Ces derniers doivent y participer activement et rester vigilants sur l’engagement et sur le contenu de ces discussions.
Les inquiétudes des jeunes sont réelles et légitimes. Alors arrêtez tous de jouer… Bon sang, que tout le monde s'accorde pour enfin essayer d'y répondre...
Par Sébastien DARTOIS
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