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Politique

Mercredi 11 janvier 2006
Le ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement et le ministre délégué à la Promotion de l'Égalité des Chances ont présenté en conseil des ministres ce matin un projet de loi pour l'égalité des chances. Ce texte a pour objet de mettre fin aux situations d'inégalité des chances et aux discriminations dont sont victimes les populations des quartiers difficiles, particulièrement les jeunes.
Le texte met en place « l’apprentissage junior » ouvert aux jeunes âgés d’au moins 14 ans. Il s’agit seulement d’une possibilité qui est offerte à celles et ceux qui veulent rapidement apprendre un métier. Le choix est réversible : à tout moment, le jeune peut réintégrer l’enseignement général.
L’apprentissage junior prévoit deux phases : « l’apprentissage junior initial », sous statut scolaire, qui propose une initiation aux métiers et « l’apprentissage junior confirmé » durant lequel le jeune se trouve sous contrat d’apprentissage.
Quelle que soit la formation choisie, la maîtrise des savoirs fondamentaux reste indispensable.
Le texte élargit également le dispositif de soutien à l’emploi des jeunes en entreprise à tous les jeunes âgés de 16 à 25 ans révolus sans condition de niveau de formation dès lors qu’ils résident dans les zones urbaines sensibles : l’effet du dispositif sera ainsi mieux ciblé et plus massif.
Enfin, le service civil volontaire regroupera les missions d’accueil sous contrat des jeunes de 16 à 25 ans assurées par les collectivités, les associations ou par tout organisme d’intérêt général. C’est une vraie seconde chance qui est offerte à ceux qui veulent s’en sortir avec à la clef des repères, un encadrement, une formation.
L’activité économique doit revenir dans les quartiers difficiles
Le projet de loi prévoit la création d’une « troisième génération » de 15 Zones Franches Urbaines (ZFU). Les incitations fiscales seront renforcées : le texte propose des exonérations d’impôt sur les sociétés pour les entreprises qui comptent jusqu’à 250 salariés créées ou établies dans une ZFU. Auparavant, ces exonérations se limitaient aux entreprises de 50 salariés seulement.
De même, les sommes investies par les grandes entreprises dans les PME situées en ZFU pourront être déduites de leur bénéfice imposable.
Enfin, des exonérations de charges sociales sont prévues pour les entreprises dont un tiers des effectifs résident dans la ZFU.
Pour redonner vie à ces quartiers, le Gouvernement souhaite également simplifier les procédures d’autorisation d’exercice commercial dans les ZFU.
L’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances mènera des actions ciblées. Elle sera chargée de la mise en œuvre d’actions en faveur des habitants des zones urbaines sensibles. Elle contribuera également à la lutte contre l’illettrisme.
L’Agence agira de deux façons : soit par des concours financiers apportés à des projets menés par les collectivités locales et les associations ; soit par des opérations directes au bénéfice des publics les plus fragiles.
Elle reprendra et prolongera les actions engagées par le Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD).
Enfin, le Président de la République a demandé que soit inscrite dans le cahier des charges du CSA et de la télévision publique l’obligation de promouvoir l’égalité des chances dans l’audiovisuel.
La lutte contre les discriminations est indispensable pour une intégration réussie
Le projet de loi légalise la pratique des tests à l’improviste ou testing qui permet de repérer et de sanctionner les cas flagrants de discrimination. Le testing concernera tous les aspects de la vie quotidienne : la recherche d’emploi bien sûr mais aussi l’accès aux logements, aux discothèques, aux bars…
Pour que les cas de discriminations soient réellement sanctionnés, le texte permet à la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité (HALDE) de prononcer des sanctions administratives.
Parents et enfants doivent être aussi responsabilisés
Dans les cas d’absentéisme répété ou dans toute autre situation analogue, le Président du Conseil général en lien avec les services académiques proposera aux parents un « contrat de responsabilité parentale ». Le contrat prévoit des mesures d’aide et d’accompagnement des parents qui ne parviennent pas à faire face. En cas de non respect de ces obligations, des sanctions sont prévues : elles pourront aller jusqu’ à la suspension des allocations familiales.
Les maires auront des pouvoirs renforcés pour sanctionner la petite délinquance
Les pouvoirs de constatation des agents de police municipale seront étendus à certaines contraventions : détention d’animal dangereux, dégradation de matériel,…
Dans ces cas précis, le maire pourra proposer au jeune délinquant de réparer les dommages causés. Dans le cas où les dommages seraient commis dans le territoire de la commune mais pas au préjudice de la commune, le maire pourra proposer au parquet de recourir à une alternative aux poursuites.
 
Par Sébastien DARTOIS
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Mercredi 11 janvier 2006
Dominique de Villepin a présenté ses voeux à la presse mardi 10 janvier, à Matignon.
L’occasion pour lui de détailler les priorités du Gouvernement pour l’année 2006.
Le Premier ministre a notamment annoncé la prochaine présentation de la deuxième phase de la "Bataille pour l’emploi", avec en particulier une action en faveur de l’emploi des jeunes.
 
"Je vois surgir une nouvelle population dans notre pays, de nouveaux experts : les "déclinologues". De grâce, il y a vingt siècles d’Histoire dans notre pays pour nous rappeler qui nous sommes et où nous allons. Alors, ce n’est pas en levant le doigt pour savoir dans quel sens va le vent que nous devons chercher à comprendre quel est le destin de la France. C’est en regardant en nous, c’est en puisant dans nos forces, c’est en regardant autour de nous. Et c’est fort de cette conviction que nous ferons que la France restera la France."
 
Voir la vidéo :
Par Sébastien DARTOIS
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Jeudi 12 janvier 2006
Renaud Dutreil, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat et des Professions Libérales, a été élu Secrétaire général du Parti radical, qui doit devenir selon lui "une avant-garde novatrice" dans le paysage politique français.
Il rejoint ainsi le duo déjà formé par Jean-Louis Borloo, Ministre de l'Emploi, de la Cohésion Sociale et du Logement, et André Rossinot, Maire de Nancy, tous deux co-présidents de cette formation politique.
 
"Il est nécessaire aujourd'hui de bâtir un espace entre une gauche molle qui a renoncé aux idées et s'est coupée des gauches modernes, et une droite dure prise en otage par les peurs françaises. Il faut prendre en compte la réalité sociale, ce que ne fait pas la droite dure, et la réalité économique, ce que ne fait pas la gauche molle ", a affirmé Monsieur Dutreil.
 
Autre objectif du Parti radical, selon le nouveau Secrétaire général: "réenraciner la République" en reprenant "une à une ses valeurs, telles que l'égalité des chances ou la liberté individuelle, pour en faire des valeurs modernes et attractives".
"Le parti radical est capable de jouer un rôle clé en 2006, année pendant laquelle les Français vont réfléchir sur leur devenir", avant l'élection présidentielle de 2007, sur laquelle les radicaux espèrent également peser.

Le Parti radical compte 6.000 membres environ, ainsi que trois Ministres (outre Jean-Louis Borloo et Renaud Dutreil, François Loos à délégué à l'Industrie), quatorze Députés, cinq Sénateurs et un Député européen.
 
Site internet du Parti radical : www.partiradical.net
Par Sébastien DARTOIS
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Lundi 16 janvier 2006
618 000 jeunes sont actuellement sans emploi. Les jeunes mettent 8 à 11 ans avant de trouver un emploi stable alors que c’est deux fois moins dans le reste de l’Europe. Le diplôme n’est plus une protection suffisante, comme en témoigne le taux de chômage des jeunes de niveau Bac + 4 qui reste à 21 % neuf mois après la sortie d’études.
Dominique de Villepin a lancé aujourd’hui la deuxième étape de son plan d’urgence pour l’emploi ciblé sur le chômage des jeunes, dont le taux est plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale, et sur l’insertion des moins de 25 ans dans la vie active.
Le Premier ministre a également indiqué que l’emploi des jeunes était "une exigence économique", notamment parce que les générations du baby-boom "arrivent à la retraite".
Développer les formations en alternance
Considérant que l’un des problèmes français est l’insuffisante adéquation entre la formation des élèves ou des étudiants et la préparation d’un métier, le Premier ministre veut favoriser la formation en alternance qui constitue la "première étape d’un vrai parcours d’embauche". "Trois mois après la sortie d’un contrat de professionnalisation ou d’un contrat d’apprentissage, 80 % des jeunes ont un emploi", a-t-il noté. "C’est donc bien la voie d’avenir pour permettre aux jeunes de trouver plus facilement un emploi".
Le Premier ministre a décidé de fixer un objectif quantifié de jeunes en alternance dans les entreprises de plus de 250 salariés : 1 % de leurs effectifs au 1er janvier 2007, 2 % au 1er janvier 2008 et 3 % au 1er janvier 2009. La taxe d’apprentissage sera modulée en fonction du respect de cet objectif.
Création d’un contrat première embauche (CPE)
Spécifiquement destiné aux jeunes de moins de 26 ans, dans les entreprises de plus de 20 salariés, assorti d’une période d’essai de deux ans et de "garanties".
Considéré comme un CDI, ce contrat donnera droit à une indemnisation chômage prise en charge par l’État. S’il est licencié après quatre mois passés dans l’entreprise, le titulaire d’un CPE touchera, en plus de l’indemnité de rupture, une allocation forfaitaire de 460 euros par mois pendant deux mois.
La "période de consolidation" de 24 mois dans l’entreprise pourra être réduite en prenant en compte les stages, les CDD ou autres formations en alternance éventuellement effectuées par le jeune dans cette entreprise.
Parmi les autres garanties, figurent le droit individuel à la formation ouvert dès le deuxième mois dans l’entreprise et le Locapass, formule d’aide de l’État qui offre un étalement du paiement de la caution pour le logement et qui sera "systématiquement" proposée à la signature du contrat.
Selon le Premier ministre, le CPE devrait être reconnu comme un contrat à durée indéterminée au regard notamment de l’accès au crédit immobilier.
Exonération de charges patronales pendant trois ans
Les entreprises embauchant en CDI, à partir du lundi 16 janvier et d’ici à la fin de l’année 2006, des jeunes de moins de 26 ans au chômage depuis plus de 6 mois pourront bénéficier d’une exonération totale de charges patronales pendant 3 ans.
Stages : favoriser réellement l’insertion des jeunes actifs
Tous les stages de plus de 3 mois devraient donner lieu à une indemnité obligatoire. Une franchise de cotisation sociale à hauteur de plus de 360€ d’indemnité mensuelle par stagiaire permettra à l’entreprise de mieux rémunérer ses stagiaires.
Les stages longs devront désormais être reconnus "comme un élément de cursus universitaire". Le Chef du Gouvernement a invité les universités à "ouvrir sans délai les travaux pour que ces dispositions puissent être opérationnelles à la rentrée prochaine".
Il a par ailleurs invité les partenaires sociaux à ouvrir rapidement des négociations de branche pour que les stages soient pris en compte dans l’ancienneté professionnelle.
Enfin, soucieux de mettre fin aux abus des stages, Dominique de Villepin a demandé au ministre délégué à l’Emploi, au Travail et à l’Insertion professionnelle des jeunes, et au ministre de l’Éducation, de rédiger une "charte des stages pour définir les bonnes pratiques et en finir avec les injustices".
 
Par Sébastien DARTOIS
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Samedi 21 janvier 2006
Le scrutin, ouvert le 9 janvier dernier, a été clos samedi à 18H00. La participation à ce vote électronique a été de 55,15%.
 
Inscrits : 215 843
Exprimés : 119 028
Vote en faveur de la réforme des statuts : 115 412 soit 96,96 % des suffrages exprimés
Vote contre la Réforme : 2 251 soit 1,89 % des suffrages exprimés
Cette réforme devrait permettre la simplification, la démocratisation et une plus grande ouverture aux nouveaux adhérents des instances locales de l’UMP. Elle précise la mise en œuvre du principe de consultation des adhérents pour l’attribution des investitures aux élections législatives et ouvre enfin à tous les adhérents actuels et futurs du mouvement la possibilité de voter pour choisir le candidat qui aura le soutien de l’UMP à l’élection présidentielle.
 
Par Sébastien DARTOIS
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Jeudi 26 janvier 2006
Près de 23 % de taux de chômage pour les moins de 25 ans, 40% pour les non qualifiés.
70 % des embauches qui se font en CDD, dont la moitié ne durent pas plus d’1 mois, de contrats d’intérim de 15 jours ou d’une semaine et de périodes d’inactivité ou de chômage.
De 8 à 11 ans avant d’avoir un emploi stable mais aussi avec des problèmes de logement en particulier dans les grandes villes, des difficultés d’accès au crédit, une protection sociale contre le chômage moins favorable que pour les autres salariés, et surtout l’installation dans la vie.
Même avec une croissance forte, lorsque le chômage est descendu à 8,6%, le chômage des jeunes est resté autour de 18%.
Par ailleurs, on réclame toujours aux jeunes une expérience qu'ils ne peuvent pas avoir pour leur donner un CDI. Ce qui est absurde et injuste.
Au total, les jeunes n’ont souvent de situation stable qu’à partir de 30 ans.
 
Voilà les chiffres consternants du chômage des jeunes dans notre pays et tout le monde est coupable. Il est donc plus qu’urgent d’agir. Il faut vite mieux former et vite mieux accompagner les jeunes vers l’emploi. Alors, stop aux vieilles rengaines et aux idéologies. L’instauration d'un contrat de travail mieux adapté à la situation des jeunes et capable de leur offrir un accès plus rapide et plus sûr à un emploi stable est une nécessité.
 
Le CPE est ouvert à tous les jeunes de moins de 26 ans qui sont embauchés dans une entreprise de plus de 20 salariés. Il permettra à un jeune d'être embauché directement en CDI, ce qui pour le moment n'est le cas que d'une minorité de jeunes, avec une période de consolidation de l'emploi de 2 ans au maximum avec des garanties réelles et justes :
La rémunération : le jeune sera naturellement rémunéré comme n'importe quel autre salarié. Le CPE est un vrai contrat en entreprise, avec une vraie rémunération qui ne peut évidemment pas être inférieure au SMIC.
Décompte dans la période de consolidation : Les stages, les CDD et les périodes en alternance qui auraient été effectués dans l'entreprise seront décomptés de la période de 2 ans. Un jeune qui aurait déjà fait 6 mois de stages et 6 mois de CDD dans l'entreprise n'aurait plus que 12 mois de période de consolidation. Au lieu des 8 à 11 ans pour acquérir une situation stable, le jeune ne mettrait plus que 2 ans au maximum.
L’existence d’un préavis : le jeune ne peut pas être licencié à tout moment. Le CPE prévoit un préavis qui augmente avec l’ancienneté.
Respect du code du travail : protections contre toutes les discriminations et pour les représentants syndicaux. Il va de soi par exemple que l’employeur ne pourra pas mettre fin au CPE d’une jeune femme qui serait enceinte, ou d’un salarié en raison de ses convictions ou de sa vie privée.
Le droit à la formation : le droit individuel à la formation s'ouvrira dès la fin du premier mois alors que dans les autres contrats, ce droit ne s'ouvre qu'au bout d'un an.
L’accès au crédit et au logement : le jeune aura un accès privilégié aux dispositifs du 1% logement, qui lui permettent d’avoir une avance pour sa caution et une garantie de loyer pour le bailleur. Les banques ont officiellement indiqué qu’elles ne feraient aucune différence entre le CDI classique et le CPE pour les crédits.
L’indemnisation du chômage : après 4 mois de travail, chaque jeune aura droit en plus de l'indemnité de rupture, correspondant à 8% de l’ensemble des sommes perçues depuis le début du contrat, à une allocation forfaitaire d'un montant mensuel de 460€, financée par l'État. Versée pendant 2 mois pour permettre au jeune de retrouver un nouvel emploi dans de meilleures conditions. Le gouvernement doit étudier très rapidement sa généralisation aux CNE pour les jeunes dans les entreprises de moins de 20 salariés.
 
Enfin, il est parfois dit ou écrit que le CDD serait plus avantageux. Tous les jeunes le savent, le CDD n’offre aucune perspective à long terme, aucun droit individuel à la formation, pas d’assurance chômage au bout de 4 mois. Surtout, en tout état de cause, le CDD ne peut pas dépasser 18 mois, renouvellement compris.
 
Ce dispositif s’inscrit dans un parcours d’accès à l’emploi, depuis les stages jusqu’à l’emploi stable. Près de 60 % des moins de 30 ans estiment que le CPE permettra de réduire le chômage des jeunes et c’est bien de l’avis de ceux qui en seront les bénéficiaires qu’il faut se soucier car compte tenu de l’urgence il est irresponsable de ne pas tenter des solutions nouvelles.
 
Par Sébastien DARTOIS
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Jeudi 9 février 2006
À 2h35 la nuit dernière, le CPE a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale, par 51 voix contre 23, après 5 séances, près de 20 heures de discussion (l'équivalent d'un texte de loi habituel) et 180 sous-amendements défendus. Ces longueurs auront tout de même permis d'éclaircir la nature du nouveau contrat. Ce qui était le moins.
Toutefois, il ne restait guère de députés dans l'hémicycle (26 UMP, 1 UDF, 9 PS, 1 PCF et 1 Verte) lorsque l'amendement du gouvernement au projet de loi sur l'égalité des chances instaurant le CPE a été soumis au vote. Compte tenu de la forte mobilisation des deux camps de l’échiquier politique, pour ou contre ce dispositif, nous aurions pu imaginer voir un hémicycle un petit peu moins clairsemé malgré l’heure tardive. Même l’infatigable Maxime Gremetz, député communiste de la Somme et anti-CPE acharné, avait plié bagage depuis 1 heure lorsque Jean-Louis Debré a fait procéder au vote. Même la gauche, qui dans l’après-midi, réunie en sommet, annonçait son intention d'empêcher jusqu'au bout l'adoption du CPE, était partie se coucher.
La procédure parlementaire n'est pas pour autant terminée puisque les autres articles du projet de loi sur l’égalité des chances doivent être discutés, puis le tout sera transmis au Sénat en 1ère lecture par la navette parlementaire. Le vote de l'amendement CPE ne sonnera pas non plus la fin de la contestation.
Par Sébastien DARTOIS
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Jeudi 9 février 2006
Le Premier ministre a utilisé cette après-midi, à l'Assemblée nationale, l'article 49.3 de la Constitution (adoption d'un texte sans vote) sur le projet de loi pour l'égalité des chances, qui met fin au débat bloqué par la stratégie d’opposition de la gauche. Le président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault, a annoncé immédiatement le dépôt d'une motion de censure de son groupe. Elle ne sera débattue que le 21 février prochain pour cause de vacances parlementaires.
Argument du Gouvernement : compte tenu de l’urgence de répondre au chômage des jeunes il faut que le texte soit adopté au plus vite face à l’obstruction excessive de la gauche. Il faut repréciser que le CPE a bien été adopté dans le cadre de la procédure législative ordinaire la nuit dernière (voir article précédent). "Je ne peux que constater avec regret le refus de l'opposition d'examiner sereinement les dispositions restantes du projet de loi", a déclaré le Premier ministre.
Argument de la gauche : à aucun moment le Premier ministre n'a accepté le débat sur son projet de Contrat Première Embauche (CPE) et sur le projet de loi pour l’Égalité des chances et c’est la raison pour laquelle de nombreux amendements ont été déposés.
Qui a tort ? Qui a raison ? À vous de juger…
 
Par Sébastien DARTOIS
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Lundi 13 mars 2006
Dominique de Villepin Dominique de Villepin a indiqué dimanche soir sur TF1  qu'il allait proposer aux partenaires sociaux 3 garanties supplémentaires pour les jeunes sortant du Contrat Première Embauche. Tout d’abord, un tutorat. Certains jeunes pourraient être accompagnés pendant la période initiale de 2 ans du CPE par un référent qui les conseillerait, lèverait leurs appréhensions, les aiderait à régler leurs problèmes. Le Premier ministre a également proposé un complément de rémunération en cas de rupture du CPE pendant la période de 2 ans. Actuellement, il est seulement prévu que le salarié en CPE puisse toucher une indemnité forfaitaire équivalente au RMI pendant 2 mois s'il est licencié au bout de 4 mois au moins et s'il n'a pas acquis suffisamment de droits à l'assurance-chômage. Le complément proposé s'ajouterait à l'allocation de chômage pendant 3 mois. Il ouvrirait droit à une formation complémentaire de façon à retrouver rapidement un emploi. Enfin, il propose une évaluation du CPE, tous les 6 mois, faite avec les partenaires sociaux dans le cadre du Conseil d'orientation pour l'emploi, créé par la loi de cohésion sociale.
Le CPE, d'ores et déjà adopté par le Parlement, est un contrat de travail à durée indéterminée à destination des jeunes de moins de 26 ans, quel que soit leur niveau de qualification, assorti d'une période de consolidation de 2 ans pendant laquelle l'employeur peut licencier le salarié sans justification. Dominique de Villepin a précisé que cette période de 2 ans était un maximum et qu’elle pourra être éventuellement raccourcie par l'employeur selon les cas.
Avant même ces déclarations, les opposants au CPE ont annoncé qu'ils poursuivraient la mobilisation, lors d'une semaine qui s'annonce décisive pour le gouvernement.
Par Sébastien DARTOIS
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Samedi 15 avril 2006
Gérard Longuet Par Gérard Longuet, Ancien ministre, Sénateur de la Meuse et Conseiller régional de Lorraine. Tribune parue dans Les Echos du 14 avril 2006.
Parce que libéral français, je suis un partisan résolu du patriotisme économique. Je souhaite que mon pays soit une terre d'activités, de projets, d'investissements et, naturellement, une terre de décisions. Je n'imagine d'ailleurs pas d'autres espérances pour un responsable français. Le malentendu procède de ce que le patriotisme économique est le fruit du mouvement et de l'effort du long terme et n'est en rien le résultat d'un réflexe irascible lorsque, surpris par un événement prévisible mais imprévu des pouvoirs publics, le pouvoir politique se cabre et se braque pour détruire en quelques heures l'image de confiance qui ne peut se construire que dans la longue durée.
La France, terre d'activités, découle d'un partage de valeurs fortes et simples, parfaitement rejetées par les générations post-68 dont je fais, hélas ou heureusement, totalement partie. La première est le sens de l'effort, qui est bien plus que la simple acceptation du travail. Il ne s'agit pas seulement de travailler pour gagner à la sueur de son front son pain quotidien. Il faut construire son autonomie et développer ses capacités. Le travail, c'est bien, mais c'est le plus souvent viser la moyenne pour rester dans le peloton. L'effort, c'est tirer le peloton en avant en prenant le risque de l'échappée. En tout état de cause, c'est le contraire d'une nation de suceurs de roues où l'énergie du petit nombre est censée tirer tout le groupe.
Naturellement, l'effort doit être reconnu et l'effort doit être récompensé. Or, la France politique considère que ceux qui ont tant d'énergie à revendre doivent payer leur part, ce qui est juste, et la part de ceux qui en ont moins ou qui n'en ont pas, ce qui est beaucoup plus discutable.
Le premier acte d'un patriotisme économique construit est de reconnaître le droit à l'effort et son corollaire, le droit à garder le fruit de cet effort. Et, naturellement, la capacité à le transmettre, dès lors qu'ont été payées proportionnellement les contributions à la vie collective.
Le second acte du patriotisme économique est de développer le sens du projet pris en charge par ceux qui y croient. Or, c'est exactement le contraire qui caractérise notre pays : les projets ne manquent pas, mais se multiplient, et d'abord ceux qui sont financés non pas par ceux qui y croient, mais par ceux qui y sont parfaitement étrangers. En un mot, les projets sont d'autant plus nombreux que leur financement est assuré par la collectivité et non par les promoteurs du projet. Péguy disait : « Je ne crois qu'aux témoins prêts à se faire tuer pour leur témoignage. » Nous n'avons que des témoins qui ne s'engagent pas eux-mêmes mais qui comptent sur la collectivité, au sens large, pour prendre en charge leur projet.
Ce n'est pas la dépense publique qui est trop forte en France. C'est la demande de dépense publique. Comment en serait-il d'ailleurs autrement puisque, justement, fiscalité et prélèvements obligatoires rendent le financement privé des projets personnels ou collectifs très difficile ? Or, le financement public d'un projet a un inconvénient majeur, il ne sait pas s'autodétruire au constat de son échec, alors que le projet à financement privé s'arrête de lui-même à son utilité sociale s'il ne parvient pas à s'imposer.
La France ne manque pas d'initiatives, mais elle ne sait pas élaguer. Les mauvais projets prolongés étouffent les nouveaux projets, aussi sûrement que les subventions aux activités condamnées privent les opportunités nouvelles de tout moyen de développement.
Le troisième acte découle des deux premiers : rétablir des financements privés. Le principal moteur de l'épargne est le besoin de sécurité. Or, la collectivité s'est arrogé le quasi-monopole de la sécurité sur ces risques évidents que sont la maladie, la dépendance, la vieillesse, le chômage. Dans une économie sans croissance démographique, aux frontières ouvertes et à la stabilité monétaire imposée par l'ordre européen, il faut, d'abord et avant tout, susciter une couverture par l'épargne privée des risques sociaux. La solidarité par les seuls transferts se traduit en réalité par l'endettement constant de la collectivité. L'aveuglement des générations aujourd'hui dominantes étouffe les espérances des générations à venir, écrasées de dettes avant d'avoir commencé à travailler. Subsidiairement, l'investissement à risque, indispensable à l'éclosion de projets innovants ou ambitieux, suppose au préalable une épargne abondante dont l'emploi ne se limite pas à l'immobilier et aux biens du Trésor.
Le patriotisme économique, c'est une France, terre de décisions. Nous avons des atouts que nous ne sommes pas parvenus à saboter : positionnement géographique, qualité de vie - car, reconnaissons-le honnêtement, la dépense publique a des contreparties positives, coûteuses mais utiles, de l'hôpital au TGV, des autoroutes à l'université.
Nous devons progresser sur deux voies qui relèvent uniquement du politique : simplicité, clarté et stabilité de la règle de droit, et respect obstiné par le pouvoir politique de la parole donnée. Après, naturellement, il faut être au rendez-vous de la qualité : formation des jeunes, droit du travail, fiscalité, coût de la vie. Un bench marking attentif doit nous éviter l'autosatisfaction aveugle trop « franchouillarde ».
Le patriotisme économique, enfin, c'est la France terre d'activités reconnue par les acteurs mondiaux. Ce n'est pas une affaire d'interdiction mais de séduction. Mais il n'est pas interdit de séduire, surtout quand on est fier de son pays et qu'on le sait capable du meilleur.
Par Sébastien DARTOIS
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